Les miracles eucharistiques et la mort de l’athéisme

Introduction et contexte

La Tradition catholique fait état d’un grand nombre de miracles eucharistiques dans l’Histoire. De quoi s’agit-il exactement ? On appelle « miracle eucharistique » un événement surnaturel  se produisant sur une hostie consacrée. Il se caractérise le plus souvent par la transformation de l’hostie en chair humaine sanglante. Face à l’extravagance de cette affirmation, un sceptique peut légitimement se questionner : ces miracles ont-ils vraiment eu lieu ? Comment être certain qu’il ne s’agit pas d’une supercherie ?

Ces interrogations sont tout à fait légitimes. Il ne faut pas être crédule devant de tels faits. Le père Terry Donahue, prêtre et spécialiste des miracles eucharistiques, ancien chercheur en informatique et en sciences de l’ingénieur, prévenait lui-même dans une interview : « Je suis un sceptique, j’aime le bon scepticisme ! Si vous n’êtes pas sceptique, vous finirez par gober toutes les histoires que l’on vous raconte » Il faut donc avoir des preuves sérieuses pour attester qu’un miracle eucharistique s’est bien produit.

En 2019, le cardiologue Franco Serafini a publié un livre révolutionnaire Un cardiologue rencontre Jésus qui, à l’heure actuelle, reste le plus rigoureux et le plus développé sur la question des miracles eucharistiques analysés par la science. Il reprend méticuleusement cinq cas qui font l’objet d’investigations scientifiques depuis les années 1970. Pour réaliser cette enquête minutieuse, Serafini a voyagé dans les différents pays où ces supposés miracles eucharistiques ont eu lieu, afin d’interviewer les témoins et les scientifiques ayant examiné les échantillons d’hostie. Nous allons ici les résumer tous les cinq.

  1. Lanciano

Lanciano est une petite ville d’Italie où un miracle eucharistique s’est produit vers l’an 750. Un prêtre vivait alors une période difficile dans sa foi et doutait de la vérité de la Présence réelle dans l’Eucharistie. Lors d’une messe qu’il célébrait, au moment même où il prononça les paroles de la consécration, l’hostie qu’il tenait entre les mains se transforma en chair et le vin se changea en sang. Après un long moment de stupéfaction, le prêtre se tourna vers les fidèles et leur montra ce qui venait de se passer. Une joie profonde remplit l’église et les gens s’en allèrent prêcher la Bonne Nouvelle, glorifiant Dieu pour ce magnifique signe de sa présence. Les restes de l’hostie ont été conservés et sont toujours visibles aujourd’hui, dans l’ostensoir de l’église Saint-François de Lanciano.

Mais comment savoir s’il s’agissait ou non d’un véritable miracle ? Après tout, il est bien possible que le prêtre et les fidèles se soient trompés et qu’il ne se soit rien passé du tout. Pour en avoir le cœur net, le Vatican autorisa un examen médical poussé de l’hostie au début des années 1970. La mission fut confiée au Dr Odoardo Linoli, professeur d’anatomie, d’histologie, de chimie et de microscopie clinique et chef de service à l’hôpital d’Arezzo, qui commença ses travaux le 18 novembre 1970. Les prélèvements effectués sur l’hostie et le sang furent apportés au laboratoire, pour des analyses scientifiques, qui durèrent plusieurs mois.

Le compte rendu détaillé (disponible sur Internet)1 publié le 4 mars 1971 est absolument frappant : « 1. La « chair miraculeuse » est vraiment de la chair, constituée de tissu musculaire strié du myocarde. 2. Le « sang miraculeux » est du sang véritable. L’analyse chromatographique le démontre avec une certitude absolue et indiscutable. 3. L’étude immunologique démontre que la chair et le sang sont bien de nature humaine et la preuve immuno-hématologique permet d’affirmer avec toute objectivité et avec certitude que l’un et l’autre appartiennent au même groupe sanguin AB. 4. Les protéines contenues dans le sang sont normalement réparties dans un pourcentage identique à celui du schéma sérum-protéique du sang frais normal. 5. Aucune section histologique n’a révélé de traces d’infiltration de substances conservatrices, utilisées autrefois dans un but de momification. »

Les fragments de l’hostie ne pouvaient être comparés à des tissus momifiés, puisqu’il n’y avait aucune trace de substances conservatrices, antiseptiques, antifermentatives, etc. Le fait que l’hostie ait été gardée dans un vase pendant des centaines d’années ne suffit pas à expliquer sa conservation. En effet, ce vase n’empêchait ni les arrivées d’air, ni l’entrée de parasites ou bactéries. Normalement, on aurait dû s’attendre à y trouver un vieux morceau de pain périmé (voire complètement décomposé), mais il n’en est rien !

Les analyses rigoureuses de Linoli furent publiées dans un journal scientifique de renom. Linoli était un scientifique honnête qui n’a pas caché les difficultés rencontrées (par exemple, la négativité des tests pour l’hématine et l’hémochromogène). Il incluait, chaque fois que cela était possible, des échantillons de contrôle (c’est-à-dire du sang humain ou animal, ou des feuilles de papier absorbant non traitées), afin de mettre en évidence la qualité de la procédure et la validité du résultat.

Linoli n’était pas seul dans cette analyse : il fut également assisté par Ruggero Bertelli. En 1971, Linoli écrit : « Je dois ajouter que cette opinion est partagée par le professeur Ruggero Bertelli, professeur émérite d’anatomie humaine à l’Université de Sienne […] les aspects histologiques constatés dans le “tissu”, bien qu’altérés par le temps, sont absolument objectifs et fiables. »

Voici le document officiel de Bertelli confirmant cela :

Dix ans plus tard, en 1981, les Franciscains demandèrent au professeur Linoli de réaliser de nouveaux examens de la chair miraculeuse, tant dans ses aspects macroscopiques que microscopiques, en obtenant de nouvelles coupes histologiques à partir d’un petit fragment non utilisé en 1970 et toujours conservé à Lanciano.

Ces découvertes microscopiques confirmèrent une fois de plus qu’il s’agissait d’un cœur humain complet. Linoli put constater la structure myocardique des fibrocellules. Il remarqua également que l’endocarde (la membrane interne du cœur) était visible, qu’il y avait des vaisseaux sanguins artériels et veineux présents dans l’échantillon, et même que « la Chair se serait rétractée vers l’extérieur, créant la cavité centrale que l’on voit aujourd’hui.

Selon le professeur, cette cavité était également partiellement préexistante, de sorte que l’ensemble de la relique prend l’apparence d’une section complète de cœur ou peut-être seulement du ventricule gauche. Il ajoute que la Chair que nous vénérons aujourd’hui a été soumise à la rigidité cadavérique, ce qui signifie qu’elle était vivante au moment où le miracle a eu lieu !2

À la lumière de ces analyses, il est indubitable que la science atteste solidement le miracle de Lanciano.3 Tournons-nous à présent vers les miracles eucharistiques plus récents, notamment celui de Buenos Aires.

Buenos Aires (1992-1996)

Le miracle de 1992

Les 1er et 10 mai 1992, deux miracles eucharistiques distincts se sont produits dans l’église Sainte-Marie à Buenos Aires.

Le vendredi 1er mai 1992, Carlos Dominguez, laïc et ministre de l’Eucharistie, a remarqué deux fragments d’hostie en forme de demi-lune sur le corporal, devant le tabernacle. Il en informa le curé, le père Juan Salvador Carlomagno, qui crut qu’il s’agissait de restes d’hosties desséchées et appliqua la procédure de purification habituelle.

Le 8 mai au matin, le père Juan constata avec étonnement que trois caillots de sang s’étaient formés dans l’eau, recouverts d’un duvet blanc temporaire, accompagnés de traînées de sang évoquant une “explosion” des hosties. Il alerta les autres prêtres de la paroisse — les pères Eduardo Pérez Dal Lago, Eduardo Graham et le diacre Marcelo Pablo Tomaino — qui confirmèrent le phénomène. La Curie fut prévenue, et Mgr Eduardo Miràs, évêque auxiliaire, recommanda une expertise scientifique, confirmant la nature sanglante des événements. Le photographe professionnel Marcelo Antonini fut également chargé de documenter les transformations dans les jours suivants.

Le dimanche 10 mai, lors des messes de 19 h et 20 h 15, un nouveau phénomène se produisit : deux patènes distinctes, l’une en bronze et l’autre en fer-blanc en forme de poisson, se couvrirent de sang, reproduisant le prodige constaté sur les hosties.

Les échantillons furent envoyées pour analyse scientifique à une hématologue professionnelle de l’hôpital Ramos Mejía, le Dr Sasot. Elle déclara avoir observé et identifié du sang humain, avec des globules blancs encore actifs, sur l’hostie.

Le rapport officiel publié à propos de ce miracle présenta la formule leucocytaire indiquant les cinq types de globules blancs (neutrophiles, lymphocytes, monocytes, éosinophiles et basophiles). Voir le rapport ci-dessous :

Nous avons donc des preuves substantielles en faveur d’un véritable miracle provenant d’une hématologue professionnelle.

Mais ce n’est pas tout ! En 1994 et en 1996, d’autres miracles présumés se seraient produits dans la même église. Examinons le miracle de 1996, qui a fait l’objet d’une enquête approfondie.

Le miracle de 1996

Le 18 août 1996 à Buenos Aires, à l’issue d’une messe célébrée par le père Alejandro Pezet, une fidèle vient trouver le prêtre pour lui signaler qu’elle a trouvé une hostie consacrée au fond de l’église. On la met alors dans de l’eau, avant de la ranger dans le tabernacle, selon la procédure habituelle. Quelques jours plus tard, le 26 août, le prêtre rouvre le tabernacle et constate que l’hostie ne s’est pas dissoute ; elle présente même quelques taches rougeâtres. L’homme court prévenir son évêque, Mgr Bergoglio (futur pape François), qui demande que l’hostie soit prise en photo. Le photographe Marcelo Antonini s’en charge le jour même, puis le 6 septembre. Le mois suivant, l’hostie est plongée dans de l’eau distillée et y reste trois années entières.

En juillet 1999, Mgr Bergoglio donne son autorisation pour soumettre le morceau d’hostie à l’analyse scientifique. Le Dr Castañon Gomez, ancien athée, expert en biochimie et en neuro-psychophysiologie, entame alors ses recherches le 28 septembre 1999 avec la coopération du présentateur de télévision Mike Willesee et du réalisateur et avocat australien Ron Tesoriero. Le 5 octobre, Tesoriero et Gomez se rencontrent à Buenos Aires pour prélever des échantillons, sous l’œil de la caméra. Le 21 octobre, Ron Tesoriero remet ainsi deux tubes scellés contenant les échantillons d’hostie au Forensic Analytical, un laboratoire d’analyse médicale basé en Californie. Pour ne pas influencer les résultats, l’origine des échantillons est cachée à l’équipe de chercheurs qui procédera ainsi à l’aveugle. L’étiquette d’un des tubes indique par exemple « 26 de agosto de 1996 – MUESTRA HÚMEDA – 5 de octubre de 1999 » (« 26 août 1996 – Échantillon humide – 5 octobre 1999 »), sans préciser ce qu’il contient. Gomez et son équipe vont filmer tout le déroulé de l’enquête, y compris les examens de l’hostie menés par les scientifiques et les réactions à chaud des témoins.

Ron Tesoriero raconte : « J’ai filmé les parties essentielles de toute mon enquête. Mon approche consistait à préparer le dossier comme un avocat qui se présenterait devant un juge. Le 1er mai 2000, Forensic Analytical de San Francisco m’a informé qu’il y avait bien présence d’ADN humain, mais qu’aucun code génétique humain n’avait pu être obtenu. C’était inhabituel»4

Dans le détail, les méthodes d’extraction et de quantification de l’ADN ont pu tester les polymorphismes de neuf séquences répétées d’ADN appelées STR (pour Short Tandem Repeat), ainsi que les deux amélogénines. Toutefois, en raison de sa très mauvaise qualité – l’échantillon ayant passé trois ans dans de l’eau distillée –, l’ADN ne répondait pas aux tests habituels et le code génétique n’a pas pu être généré.

Tesoriero et son équipe persévèrent et missionnent d’autres laboratoires indépendants. Ils envoient ainsi, toujours à l’aveugle, ces deux étranges fragments au Dr Robert Lawrence du laboratoire Delta Pathology Associates Medical Group à Stockton. Celui-ci confirme, dans une interview filmée5 le 7 décembre 2000, que les globules blancs présents dans l’échantillon étaient actifs et vivants au moment où ils ont été prélevés ! Cela est physiquement impossible : non seulement il s’agit de morceaux d’hostie, mais ils sont restés plus de trois ans dans de l’eau distillée qui ne contient ni sels ni minéraux : la vie ne peut s’y développer !

Des fragments sont aussi analysés en Australie par les Drs Thomas Loy (de l’université du Queensland), Peter Ellis et John Walker (de l’université de Sydney). Deux d’entre eux pensaient qu’il s’agissait de cellules de la peau, mais n’en étaient pas vraiment sûrs. On sollicita également l’avis du professeur Linoli, qui avait étudié le cas de Lanciano. Il n’était plus très jeune, mais selon lui, il pourrait s’agir de tissu myocardique.

Avant de clore son enquête, Tesoriero, au nom de son équipe, souhaite obtenir un dernier avis qui pourrait faire autorité de manière définitive, celui du professeur Frederick Zugibe, médecin légiste en chef et cardiologue de la Columbia University de New York. Fort de trente années d’expérience et de dix mille autopsies à son actif, il est l’auteur de nombreuses publications scientifiques renommées. Les deux Australiens, Tesoriero et Willesee, le rencontrent le 20 avril 2004 lors d’un entretien filmé. Cette interview est en partie disponible à 8min20 : https://www.youtube.com/watch?v=bd16tBRbLXw&t=518s.

En observant l’hostie au microscope, le Dr Zugibe explique en direct: « Je suis un expert du cœur. Le cœur, c’est mon domaine. C’est de la chair. Cette chair est du tissu musculaire cardiaque, le myocarde, provenant de la paroi du ventricule gauche, non loin d’une zone valvulaire. C’est le muscle qui donne au cœur ses battements et à l’organisme sa vie. Ce muscle cardiaque est enflammé. Il a perdu ses stries et est infiltré de globules blancs. Les globules blancs ne sont normalement pas présents dans le tissu cardiaque. Ces cellules sont produites par l’organisme et s’échappent du sang pour infiltrer le tissu afin de traiter un traumatisme ou une blessure. Le cœur de la personne dont provient ce tissu a été blessé et a subi un traumatisme. L’apport sanguin à ce cœur a été compromis, ce qui a entraîné une nécrose, la destruction d’une partie du muscle cardiaque. Ce cœur a souffert. Cela me fait penser à ce que je constate dans les accidents de la route, lorsque la réanimation cardiopulmonaire est pratiquée trop brutalement et que le cœur est blessé. C’est aussi le genre de souffrance que je constate chez les personnes violemment frappées à la poitrine […]. »6

Le Dr Zugibe poursuit : « Cet échantillon était vivant au moment du prélèvement. Les globules blancs ne peuvent vivre en dehors du corps car ils sont alimentés par lui. Les globules blancs se dissolvent normalement en quelques minutes, voire une heure après avoir été prélevés. Ils ne vivraient plus. »

Franco Serafini rapporte alors que « ce sont alors les deux Australiens qui bouleversent le professeur en lui révélant que la diapositive provient d’un tissu conservé un mois dans l’eau du robinet et trois ans dans l’eau distillée. « Absolument incroyable, inexplicable pour la science ! » [s’exclame Zugibe, bouleversé.] Il précise ensuite qu’après une si longue période dans l’eau, non seulement les globules blancs disparaîtraient, mais toute cellule humaine perdrait toute morphologie reconnaissable. Ce n’est qu’à la fin que Ron et Mike lui révèlent, à sa grande surprise, que le tissu provient d’une hostie consacrée»

Le 26 mars 2005, le Dr Zugibe fait part de ses conclusions dans un rapport officiel : « Les lames contiennent du tissu cardiaque présentant des modifications dégénératives du tissu myocardique, avec perte des stries des fibres musculaires, pycnose nucléaire, agrégats de cellules inflammatoires mixtes composées de cellules inflammatoires chroniques (macrophages) prédominantes et de cellules inflammatoires aiguës (globules blancs, principalement des leucocytes polynucléaires), en plus petit nombre. La directionnalité des fibres myocardiques indique que le site de ces modifications est relativement proche d’une région valvulaire dans la région ventriculaire du cœur. Ces modifications dégénératives sont compatibles avec une crise cardiaque récente (infarctus du myocarde de quelques jours) due à l’obstruction d’une artère coronaire qui alimente en nutriments et en oxygène une partie du muscle cardiaque. Cette obstruction peut être due à l’athérosclérose (formation de plaques graisseuses), à une thrombose coronaire (obstruction de l’artère coronaire par un caillot sanguin) ou à un choc violent à la poitrine au niveau du cœur. »

Les analyses scientifiques rigoureuses du miracle eucharistique de Buenos Aires sont tout à fait éclairantes. On y retrouve tous les éléments liés à la Passion du Christ (cœur vivant, personne ayant beaucoup souffert, coup porté à la poitrine). Osons-le dire, nous avons ici une preuve tangible de la vérité de la Présence réelle du Christ dans l’Eucharistie.

Tixtla  (2006)

Un événement similaire se produit le 22 octobre 2006 dans la petite ville mexicaine de Tixtla. Plus de six cents personnes participent alors à un week-end de retraite spirituelle animé par deux prêtres, les pères Roque et Rayito. Au cours de la messe, deux religieuses aident à distribuer la communion. Soudain, l’une d’elles se fige, pâlit et retourne en larmes à l’autel. Elle montre au père Rayito le ciboire qu’elle tient dans les mains, et dans lequel une des hosties s’est subitement tachée de sang. Le père Rayito s’exclame à haute voix : « C’est un miracle ! » et montre à toute l’assemblée l’hostie, de laquelle coulent quelques gouttes de sang frais. Les gens sont profondément émus et bouleversés.

Dans les semaines qui suivent, Mgr Alejo Zavala Castro, évêque [du diocèse], met en place une commission d’enquête […]. Pour l’instant, les faits [reposent uniquement sur des] interviews (17 déclarations de personnes différentes, toutes d’accord) et de témoignages sous serment de la part des protagonistes. Trois ans plus tard, l’enquête scientifique est lancée grâce à l’intervention du Dr Ricardo Castañón Gómez et de son association Grupo Internacional para La Paz. Serafini précise une chose importante. Le Dr Castañón décrit l’évêque comme [quelqu’un de] très équilibré, pas du tout naïf, conscient de l’importance potentielle des événements de Tixtla, mais [néanmoins] sceptique. Même s’il est ouvert à l’explication surnaturelle, il n’est pas pressé de reconnaître un miracle dans son diocèse : son désir est avant tout d’établir la véracité des faits. Mgr Zavala Castro autorise le Dr Castañon Gomez à prélever de petits échantillons d’hostie pour analyse. L’évêque exprime une demande particulière : [que les scientifiques fassent] tout leur possible pour déterminer si la matière qui semble être du sang a été ajoutée à la parcelle de l’extérieur ou si elle est venue de l’intérieur de l’hostie.

Le 27 octobre 2009, le Dr Castañón en personne prélève trois fragments d’hostie. Son association s’adresse ensuite à différents laboratoires spécialisés en médecine légale, en immunochimie et en génétique : situés au Mexique, au Guatemala, en Bolivie et aux États-Unis. [À chaque fois], la même découverte est vérifiée plusieurs fois, parfois avec des méthodes complémentaires, par des chercheurs différents dans des conditions « aveugles », c’est-à-dire sans préciser que les échantillons sont des parcelles d’hostie.

Les travaux se poursuivent durant plusieurs années. Le 25 mai 2013, dans la ville de Chilpancingo, une conférence filmée est organisée, afin de présenter au grand public les conclusions de l’enquête scientifique. Les chercheurs ont ainsi pu déterminer que :

  1. Du sang humain a été trouvé sur l’hostie. Le laboratoire Gene-Ex, à La Paz (Bolivie), a notamment confirmé la présence d’hémoglobine, une protéine présente dans les globules rouges.
  • Le groupe sanguin analysé était de type AB, comme celui retrouvé sur l’hostie de Lanciano. Deux laboratoires distincts, le Corporativo Medico Legal au Mexique et Gene-Ex en Bolivie, démontrent, par des techniques d’immunohistofluorescence, la présence des antigènes A et B dans les tissus examinés. Dans le rapport bolivien, des photographies en couleur documentent le résultat. Mais ce n’est pas tout : le laboratoire Gene-Ex, pour la première fois au monde dans le cadre d’une enquête sur ce type de tissu « mystérieux », établit également que le Rh était négatif.
  • L’échantillon analysé correspond, là encore, non pas à du pain, mais à un muscle cardiaque qui aurait beaucoup souffert ou aurait subi un traumatisme. Le Dr Marco Blanquicett Anaya, cardiologue du Nuevo Hospital Bocagrande de Colombie, affirme que la personne à qui appartenait ce cœur aurait subi soit un infarctus soit un stress physiologique intense.
  • Autre élément particulièrement frappant : deux études distinctes, appliquant des méthodes différentes, ont montré que le sang humain provenait de l’intérieur même de l’hostie ! Or, en 2009, le Dr Eduardo Sanchez Lazo, directeur du laboratoire Corporativo Medico Legal, avait montré qu’il était impossible que du sang provenant de l’extérieur puisse imprégner de cette façon l’hostie, en étudiant les formes et les mouvements des écoulements. En février 2010, soit presque quatre ans après le miracle, l’ingénieur Fernando Rodriguez Pérez, expert en imagerie, est venu à Tixtla avec un microscope numérique à haute puissance (émettant de la lumière blanche et ultraviolette) et a mis au jour, grâce au balayage infrarouge, que du sang frais était encore présent dans la portion tachée de l’hostie, sous la couche superficielle de sang visiblement coagulé. C’est une découverte impressionnante, vu que le miracle s’est produit il y a plusieurs années ; elle démontre que le sang n’a pas été ajouté par un fraudeur mal intentionné, puisqu’il jaillit de l’intérieur même de l’hostie.
  • Dernier élément, mais non des moindres, la présence de globules blancs vivants a été décelée trois ans plus tard, comme à Buenos Aires. Chose parfaitement incroyable, car ils ne peuvent survivre que quelques minutes, voire quelques heures, une fois séparés de l’organisme vivant et sans technique de conservation particulière. Et pourtant, ils ont bel et bien été détectés ! L’un d’eux (un macrophage) a même pu être observé au microscope, sur une lame de verre, en train d’engloutir des débris graisseux! (voir la photo)

Franco Serafini commente : « Les mêmes considérations faites par les professeurs Lawrence et Zugibe à propos des leucocytes qui ont infiltré les tissus de Buenos Aires s’appliquent à Tixtla : comment peuvent-ils être là ? […] En dehors du corps, ou lorsque le corps meurt, ils meurent et se dissolvent simplement en quelques jours. Mais ici, nous sommes confrontés à quelque chose d’incroyable et de tout simplement inexplicable : le tissu biologique apparu le 22 octobre 2006 entre les mains de sœur Arely n’avait jamais été nourri, cultivé […], il n’avait été traité avec aucun conservateur, au contraire, il avait été gardé à température ambiante et conservé, avec dévotion, mais certainement pas dans des conditions stériles ! Eh bien, dans ce tissu, trois ans plus tard, on trouve des leucocytes vivants et l’un d’entre eux, un macrophage, pris au moment même où il travaille, c’est-à-dire après avoir phagocyté du matériel lipidique ! La présence de leucocytes, il faut le souligner, exprime plus généralement la vitalité de l’organisme auquel appartient le tissu dans lequel on les trouve : c’est-à-dire que les globules blancs ne sont pas produits localement, dans le tissu enflammé, mais arrivent d’ailleurs, par une circulation sanguine qui fonctionne, attirés par la réponse inflammatoire. Les globules blancs témoignent que l’organisme est vivant et qu’il répare son propre tissu enflammé et lésé »

Les conclusions du miracle eucharistique de Tixtla ressemblent donc fortement à celles de Buenos Aires et demeurent tout aussi impressionnantes. Les analyses qui y ont conduit ont été réalisées par des scientifiques indépendants, qui plus est à l’aveugle ! Il s’agit d’un miracle supplémentaire, extrêmement bien attesté, confirmant une fois de plus que Jésus est présent dans l’Eucharistie.

Sokolka (2008)

Nous sommes à Sokolka, en Pologne, petite ville de 20 000 habitants, le 12 octobre 2008. Ce dimanche matin, dans l’église Saint-Antoine-de-Padoue, la messe de 8 h 30 est présidée par le jeune père Filip Zdrodowski. Une fidèle remarque une hostie tombée à terre. Le prêtre la ramasse mais, comme elle est sale, il décide de ne pas la consommer, mais de la plonger dans l’eau du vasculum, un petit récipient en argent présent sur l’autel, utilisé pour le lavage des mains. Le même jour, l’hostie est déplacée dans un grand vase en verre, puis rangée dans le coffre-fort de la sacristie.

Une semaine après, le 19 octobre, vers 8 heures du matin, la sacristine et religieuse Julia Dubowska ouvre le coffre-fort et constate que l’hostie est partiellement couverte d’un solide caillot rouge, ressemblant à une tache de sang. Sœur Julia appelle immédiatement le prêtre responsable de l’église, le père Stanislaw Gniedziejko : eux deux sont les seuls à avoir la clé du coffre-fort. L’évêque est rapidement informé et demande alors que l’hostie soit mise en sécurité. Le 30 octobre, ce qui reste de l’hostie est donc déposé sur un corporal (un petit linge blanc).

Le 7 janvier 2009, à la demande de l’évêque, l’hostie est retirée du linge pour être examinée par deux experts réputés de l’université de Bialystok. Le premier, Stanislaw Sulkowski, est un brillant professeur du département de pathomorphologie générale. Expert en immunohistochimie des tissus néoplasiques, il a signé pas moins de 286 publications scientifiques reconnues internationalement sur PubMed, une immense bibliothèque en ligne pour médecins et chercheurs. L’autre scientifique sollicitée pour examiner l’hostie est la professeure Maria Elzbieta Sobaniec-Łotowska, du département voisin ; elle a principalement travaillé sur l’hépatologie et la gastro-entérologie pédiatriques et est l’auteur de 115 articles sur PubMed. Autant dire que nos scientifiques sont au sommet de leur carrière professionnelle et sont respectés à l’échelle internationale.

Ce jour-là donc, on ouvre le coffre-fort et la professeur Sobaniec-Łotowska peut prélever un petit échantillon de matière sur ce qui lui semble être à première vue un caillot de sang. Un échantillon est envoyé au professeur Sulkowski, qui n’est pas présent ce jour-là et ignore son origine. Au cours des semaines suivantes, le matériel est étudié au microscope optique et au microscope électronique à transmission. Voici, en résumé, les résultats que les deux chercheurs obtiennent séparément :

  1. « C’est du tissu myocardique, ou du moins, de tous les tissus d’un organisme vivant, le myocarde est celui qui lui ressemble le plus. » [En effet, les fibres ont des noyaux centrés et, au microscope électronique, on peut reconnaître des ébauches de disques intercalaires, ainsi que des faisceaux de microfibrilles délicates.
  • Des signes de souffrance, tels que la segmentation et la fragmentation, [apparaissent] dans les fibres. La segmentation implique le détachement des fibres musculaires de la strie intercalaire à laquelle elles sont censées se connecter ; c’est un phénomène causé par des spasmes rapides que subissent les fibres elles-mêmes, encore vivantes, à l’approche de la mort. Il ne s’agit pas d’une dégénérescence post mortem : la segmentation ne peut se produire que dans une cellule vivante, même si elle est agonisante et proche de la mort. Les analyses, menées séparément et indépendamment, aboutissent aux mêmes conclusions : il s’agit d’un myocarde (tissu musculaire cardiaque) à l’agonie.
  •  Chose remarquable : les fibres myocardiques et la substance de l’hostie de pain sont en contact mutuel de manière inextricable. « Le contact mutuel entre les deux tissus se produit à un niveau tellement microscopique qu’à ce jour, aucun instrument, aucune méthode humaine n’a pu reproduire une interpénétration aussi profonde», explique Serafini. Le degré d’interpénétration microscopique entre les deux substances (que l’on peut observer dans la photo ci-dessous) est tout simplement irréalisable par tout type d’instrument actuel. C’est en tout cas ce qu’a souligné le professeur Sobaniec-Łotowska, pour qui cet argument démontre l’impossibilité que cet échantillon ait été créé par l’homme (et donc l’impossibilité d’une fraude).

5) Legnica

Le matin du jour de Noël 2013 à Legnica (une petite ville polonaise), « une hostie consacrée tombe accidentellement sur le sol, plus précisément sur un tapis, dans l’espace sacré du chœur. Le prêtre décide, comme à Sokółka, d’appliquer la procédure et de placer l’hostie dans un calice en métal avec de l’eau du robinet afin qu’elle soit dissoute. Mais une tache rouge apparaît dessus quelques jours après.

Deux semaines passent et le petit morceau de parcelle colorée en rouge est toujours présent à la surface de l’eau, tandis que le reste s’est maintenant complètement dissous. L’évêque [met] alors en place une commission de quatre experts pour suivre les événements. […] La commission ordonne des investigations scientifiques et, le 26 janvier 2014 des micro-échantillons matériels sont prélevés pour être analysés à l’université de Vratislavie (Wrocław en polonais) et plus tard à l’université de Szczecin.

Le Dr Barbara Engel, chef du service de cardiologie de Legnica et membre de la commission d’étude, précise que « quinze échantillons ont été prélevés sur le fragment d’hostie et [que] les procédures d’échantillonnage ont été effectuées en présence de témoins en photographiant chaque étape. Des échantillons de contrôle ont également été préparés avec des hosties non consacrées, du vin et de l’eau du robinet et on a veillé à utiliser des hosties provenant du même lot de production que la parcelle consacrée examinée. La commission d’étude s’adresse dans un premier temps à l’Institut de médecine légale de la ville voisine de Wroclaw, et l’analyse permet d’établir que l’échantillon a été dégradé par une autolyse importante et un séjour prolongé dans l’eau, mais [que] la morphologie observée au microscope ressemble à celle d’un tissu musculaire strié. De plus, le tissu n’est pas constitué de bactéries (il n’y a notamment pas de bactéries connues pour produire des colorants). Aucune amplification ADN n’a pu être obtenue », (le code génétique reste mystérieusement illisible). Toutefois, la simple transformation d’une hostie en tissu myocardique reste inexplicable.

Après quelques mois, le comité d’étude [veut obtenir] un deuxième avis au département de Médecine Légale de Szczecin, qui était disposé à mener des investigations plus poussées. Les mêmes lames histologiques qui avaient été préparées ont été fournies, ainsi qu’un fragment original conservé en paraffine et non encore étudié à Wrocław. [Ces échantillons sont envoyés à l’Institut, à Szczecin, à l’aveugle (sans préciser leur origine).] Par rapport aux premières investigations, des méthodes histopathologiques différentes ont été utilisées et les éléments suivants ont pu être démontrés :

  1. L’étude microscopique a permis de reconnaître l’origine myocardique du tissu musculaire, avec des signes clairs de fragmentation à l’aide d’une lumière ultra violette et d’un filtre orange. Les images ressemblaient beaucoup à celles obtenues à Sokółka.
  2. La recherche de marqueurs immunohistochimiques a également donné des résultats négatifs.
  3. Des fragments d’ADN nucléaire et mitochondrial ont été trouvés, suffisants pour documenter sans aucun doute l’origine humaine du tissu.

Comme à Sokółka, bien que l’aspect macroscopique de la relique ressemble à un caillot de sang, aucune cellule sanguine n’a été trouvée, et la présence éventuelle d’antigènes AB0 n’a pas été étudiée.

Au terme des analyses, le département d’histopathologie de la faculté de médecine de Poméranie, à Szczecin, rend ses conclusions : « Il a été découvert, dans l’image histopathologique, des échantillons de tissu constitués de fragments de fibres musculaires striées en coupe transversale. […] Cela ressemblait fortement à un muscle de cœur humain avec présence d’altérations fréquemment observées dans des cas d’agonie. »

Ce miracle est donc une autre preuve indépendante de la Présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Les procédures sont d’une rigueur irréprochable. Le prélèvement de quinze échantillons d’hostie différents permet d’effectuer des analyses indépendantes et d’éviter toute erreur.

L’utilisation d’échantillons de contrôle provenant d’hosties non consacrées issues du même lot de production témoigne du protocole scientifique rigoureux, sans oublier le fait que les analyses ont été menées indépendamment par deux instituts médico-légaux (Wroclaw et Szczecin). Ce dernier laboratoire ignorait la provenance des échantillons à examiner et a employé des méthodes d’analyse histopathologique différentes du premier.

Objections et scepticisme

Que répondent les sceptiques face à ce genre de miracles ? Certains présupposent la vérité du matérialisme athée et, par conséquent, l’impossibilité des miracles, en dépit d’une multitude d’éléments qui semblent aller dans le sens inverse. Ce dogmatisme idéologique part donc du principe que Dieu n’existe pas et en conclut que les miracles sont impossibles en principe. Face à une telle attitude, on ne peut que renverser la charge de la preuve sur l’adversaire. À moins de nous fournir une démonstration de l’inexistence de Dieu et d’avoir réfuté tous les arguments en faveur de son existence, l’hypothèse du miracle ne peut pas être rejetée en principe.

De plus, il faudrait que la personne incrédule nous présente une hypothèse explicative capable de rendre compte de l’occurrence de ces phénomènes qui ressemblent étrangement à la Passion du Christ. En réalité, si l’on refuse de reconnaître qu’il s’est effectivement produit un miracle dans chacun des cinq cas exposés ici, il faut alors soutenir que ces cas relèvent ou de la fraude ou de la mauvaise identification. Voyons si ces hypothèses tiennent la route.

  1. L’hypothèse de la mauvaise identification

    Concernant la mauvaise identification, certains sceptiques ont objecté qu’une bactérie (la Serratia marcescens) aurait pu contaminer le pain et donner un pigment rouge orange expliquant l’apparence rougeâtre de l’hostie.

    Kelly Kearse et Frank Ligaj, dans leur article Scientific Analysis of Eucharistic Miracles : Importance of a Standardization in Evaluation écrivent: « Bien que cela ne soit pas régulièrement vérifié, la contamination par la bactérie Serratia marcescens a été suggérée comme agent causal de l’apparition de sang frais sur le pain de communion. […] Lors de nos premières études, nous avons placé des hosties non consacrées à différents endroits, sur le sol ou à proximité, pendant plusieurs jours, puis nous les avons transférées dans des récipients contenant environ 200 millilitres d’eau du robinet, afin de reproduire ce qui avait été décrit dans divers rapports de miracles. Les échantillons ont été conservés à l’intérieur, sans être manipulés, à température et humidité ambiantes, et à l’abri de la lumière directe du soleil. Dans 15 % des cas environ, une zone rouge vif a été observée sur la portion restante de l’hostie, 7 à 10 jours plus tard [à cause d’une contamination bactérienne] ».7

    Cette hypothèse n’est pas crédible : tous ces médecins sollicités dans différents pays, à différentes époques, sont tout de même capables de distinguer une contamination bactérienne d’un morceau de cœur à l’agonie ! Dire le contraire revient à prendre ces médecins pour des incompétents patentés, incapables d’effectuer correctement leur travail.

    Le cardiologue Serafini remarque à ce sujet : « Il est bon que le lecteur sache, une fois pour toutes, […] qu’une population d’entérobactéries en forme de bâtonnets n’a rien à voir avec un tissu musculaire strié cardiaque ! Dès la première année de médecine, dans le cours d’histologie, on apprend aux étudiants à distinguer les différents tissus du corps humain : si vous ne distinguez pas une contamination bactérienne d’un tissu organisé, vous échouez ! C’est comme si l’on reprochait à un pilote de ligne ayant trente ans d’expérience de ne pas savoir distinguer, en altitude, une piste d’atterrissage d’un champ de pommes de terre[30] ! »

    De plus, l’hypothèse d’une identification erronée peut également être réfutée en examinant directement les photos des lames que nous possédons pour Buenos Aires, Tixtla et Legnica. Elles ne ressemblent pas à une contamination bactérienne ou fongique mais ont bien les caractéristiques que d’un myocarde souffrant (avec parfois la présence de globules blancs clairement visibles).

    Il est donc clair que l’hypothèse de la mauvaise identification dans chacun de ces cas indépendants n’est pas possible.

    2) L’hypothèse de la fraude

    Reste alors l’hypothèse de la fraude généralisée : les échantillons d’hosties que l’on aurait soumis à ces scientifiques et laboratoires auraient en réalité été remplacés par des fragments de myocardes, par une équipe de fraudeurs machiavéliques, sans qu’aucun d’entre eux ne finisse par céder et admettre l’entourloupe.

    Que dire d’une hypothèse aussi farfelue ? Qu’il n’est absolument pas crédible de penser qu’une fraude ait pu être orchestrée pour ces cinq miracles eucharistiques indépendants, ayant eu lieu dans des pays différents à des époques différentes.

    Comment adhérer à cette idée que des chrétiens machiavéliques aient voulu (et réussi !) à truquer à la fois les hosties de Lanciano, de Buenos Aires, de Sokolka, de Tixtla et de Legnica, afin de faire croire que le petit fragment de pain s’était réellement transformé de façon miraculeuse en chair du Christ ? Et même en supposant qu’une fraude ait été tentée dans chacun de ces cas, elle aurait été tout simplement irréalisable matériellement.

    a) Pour le miracle de Lanciano, le Dr Linoli rapporte bien que l’hypothèse de la fraude est impossible pour des raisons techniques : « À supposer que l’on ait prélevé le cœur d’un cadavre, j’affirme que seule une main experte en dissection anatomique aurait pu obtenir une « tranche » uniforme d’un viscère creux (comme on peut encore l’entrevoir sur la « chair ») et tangentielle à la surface de ce viscère, comme le démontre le cours longitudinal, de façon prédominante, des faisceaux de fibres musculaires, visibles en plusieurs points dans les préparations histologiques. De plus, si le sang avait été prélevé sur un cadavre, il se serait rapidement altéré, par déliquescence ou putréfaction»8

    b) En ce qui concerne le cas de Buenos Aires, certains ont envisagé l’hypothèse d’une conspiration généralisée de la part des enquêteurs Ron Tesoriero, Mike Willsee et Ricardo Castañon Gomez. Cependant, il existe des raisons positives de penser qu’ils n’ont pas fraudé. S’ils avaient tenté de fabriquer un faux miracle de toutes pièces, pourquoi auraient-ils mentionné les résultats négatifs de l’analyse du laboratoire médico-légal de Californie qui n’avait pas permis de détecter de profil ADN via le test STR ? Pourquoi auraient-ils divulgué les désaccords entre le Dr Thomas Loy, John Walker et le Dr Lawrence croyaient initialement que l’échantillon consistait en cellules de peau? Il semble que, s’ils avaient vraiment voulu inventer une histoire, ils se seraient concentrés exclusivement sur les résultats favorables de l’analyse du Dr Zugibe en 2004. Pourtant, ils ne l’ont pas fait. Ils ont présenté tous les résultats dans l’ordre chronologique et fourni une documentation complète, y compris les résultats négatifs. Cette transparence suggère fortement l’honnêteté plutôt que la tromperie.

    De plus, il faut noter que d’autres enquêtes menées par Ricardo Castañon ont abouti à des conclusions négatives, qu’il a publiquement reconnues, montrant ainsi une intégrité intellectuelle supplémentaire. L’hypothèse de la fraude généralisée est donc infondée.

    Mais même à supposer que ces enquêteurs avaient tous menti et trompé tout le monde pendant plusieurs années, un problème majeur demeure : comment expliquer l’observation du Dr Zugibe selon laquelle le tissu myocardique qu’il a examiné contenait des globules blancs actifs ? Peut-on réellement imaginer des fraudeurs allant dans un hôpital à New York et demandant : « veuillez nous fournir une lame avec un morceau de tissu myocardique enflammé provenant d’un patient ayant subi un traumatisme (par exemple, quelqu’un « ayant été frappé sur la poitrine »). Assurez-vous également que l’échantillon soit du ventricule gauche et que les globules blancs soient frais et encore viables» ? Qui peut honnêtement croire cela ? Et comment expliquer le fait que le Dr Lawrence avait déjà observé, quatre ans plus tôt, la présence de globules blancs dans le même tissu ? Devons-nous supposer une nouvelle fraude dans un autre hôpital en Californie ? Il semble que le partisan de l’hypothèse de fraude avance une objection désespérée afin de rejeter, en principe, la possibilité de tout miracle.

    c) Pour que le miracle de Tixtla soit un coup monté, il aurait fallu que l’équipe chargée d’apporter les échantillons aux différents docteurs (à l’aveugle) parvienne d’abord à trouver du sang de type AB (le plus rare sur terre [32]) pour en placer sur le myocarde. Et quand bien même, cette supercherie n’est pas réalisable. Car même à supposer que ces escrocs aient réussi à trouver un morceau de cœur humain souffrant, avec des globules blancs et du sang de type AB très rare (ce qui est déjà inimaginable), cela n’expliquerait toujours pas pourquoi les analyses ont révélé que le sang provenait de l’intérieur de l’hostie. En effet, il est physiquement impossible pour un faussaire de faire en sorte que le sang provienne de l’intérieur d’un morceau de pain dont l’épaisseur est de 1 millimètre !

    d) Pour le miracle de Legnica, il aurait fallu que l’équipe de fraudeurs apporte à deux universités différentes quinze échantillons de myocarde à l’agonie, tout en ayant prévu des « échantillons de contrôle » pour duper les scientifiques. Tout cela est extrêmement difficile à soutenir.

    e) Enfin, il aurait aussi été impossible de frauder pour le miracle eucharistique de Sokolka, puisque le morceau de myocarde souffrant observé était intrinsèquement lié à la substance de pain consacré au niveau microscopique. Comme nous l’avons expliqué, le degré d’interpénétration microscopique entre les substances de l’hostie et du myocarde est tout simplement irréalisable par tout type d’instrument actuel conçu par l’homme. La science elle-même est donc en mesure d’exclure toute supercherie.

    En bref, qui peut honnêtement croire qu’une machination a eu lieu dans chacun des cinq cas analysés ? À moins d’être aveuglé par un athéisme dogmatique, la position rationnelle consiste à accepter la convergence absolue des faits : dans ces cinq cas, des scientifiques compétents et indépendants ont observé une hostie consacrée transformée en myocarde. Chaque fois que le groupe sanguin a été testé, le résultat a toujours indiqué un sang de type AB.

    => Devant une telle convergence des faits sur des cas indépendants, seule une incroyable mauvaise foi peut rejeter l’évidence du miracle.

    Bonus: Étude comparative des sangs analysés : une « bombe statistique »

    Un autre argument frappant avancé par Franco Serafini concerne les improbabilités statistiques liées au groupe sanguin AB. Dans les années 1970, les moyens scientifiques modernes ont permis d’effectuer des tests sur les reliques de la Passion du Christ, tels le Linceul de Turin, le Suaire d’Oviedo et la Tunique d’Argenteuil. Or, chaque fois que le groupe sanguin a été testé, les scientifiques ont unanimement établi qu’il s’agissait du groupe sanguin AB, sans aucune exception. Le tableau ci-dessous résume l’ensemble des tests scientifiques réalisés sur les trois reliques de la Passion et sur les hosties de Lanciano et de Tixtla. On constate que, sur les quinze tests que les scientifiques ont effectués sur ces échantillons avec différentes méthodes (absorption élution, immunofluorescence, agglutination mixte, absorption-inhibition, cyclométrie en flux et reverse grouping), tous aboutissent à un groupe sanguin de type AB. Ce résultat est tout simplement phénoménal, vu que ces objets indépendants proviennent de pays différents, à des époques différentes.

    Les implications statistiques

    Bien que beaucoup d’entre nous soient familiers avec les quatre catégories de groupes sanguins (A, B, AB et O), peu connaissent leur répartition statistique exacte chez les humains. Or, il se trouve qu’en 1954, le scientifique Arthur Mourant a publié les résultats d’une étude sur la répartition statistique des groupes sanguins effectuée sur plus de 500 000 personnes à travers le monde. Cette étude montre que le groupe sanguin est parfaitement indépendant des origines raciales, ethniques et de la couleur de peau. D’après Franco Serafini, dans la population mondiale d’aujourd’hui, la répartition serait la suivante :

    O : 40-45 %

    A : 35-40 %

    B : 4-11 %

    AB : 1-5 %

    Autrement dit, la probabilité qu’un être humain lambda soit de groupe sanguin AB est de moins d’1 chance sur 20 !

    Le fait que chacune des trois reliques de la Passion ainsi que les deux hosties de Lanciano et Tixtla aient du sang de type AB rend l’hypothèse de l’escroquerie immensément improbable. En effet, même à imaginer un gigantesque complot où des faussaires se seraient amusés à mettre du sang sur les hosties et les reliques, il serait très improbable qu’ils arrivent tous à trouver du sang AB.

    D’ailleurs, hormis Tixtla, les éléments datent d’une époque où l’existence même des groupes sanguins était encore inconnue (ils ont été découverts au tout début du XXe siècle) ! Par conséquent, des escrocs voulant réaliser un canular sur le Linceul de Turin, la tunique d’Argenteuil, le Suaire d’Oviedo et l’hostie de Lanciano n’auraient jamais pu choisir spécifiquement un sang de type AB, puisqu’ils en ignoraient tout simplement l’existence.

    Un simple calcul mathématique permet de montrer à quel point il est inimaginable que tout cela se produise par le pur hasard. En effet, la probabilité d’obtenir 5 fois d’affilée, de manière indépendante, du groupe sanguin AB sur des échantillons différents est de (1/20)^5 = 0,0000003125, c’est-à-dire une chance sur 3 200 000, un nombre si petit qu’il est inconcevable pour l’esprit humain ! En comparaison, d’après les statistiques américaines, la probabilité de mourir foudroyé par un éclair est « seulement » d’une chance sur 15 300.9

    Face à de telles probabilités, on se demande pourquoi tant de personnes encore restent athées !

    Conclusion

    En conclusion, on peut dire que les miracles eucharistiques confirment que le Christ est bel et bien présent dans l’Eucharistie. À la lumière de tant de données scientifiques, seuls l’aveuglement ou la mauvaise foi peuvent nier l’évidence. Ces miracles nous font prendre conscience combien le sacrifice du Christ pour nous est réel et palpable. Ils confirment les paroles de Jésus : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. […] Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui »(Jn 6, 49-54).

    1. Le compte rendu complet est disponible en ligne : http://christ-roi.net/index.php/Le_miracle_eucharistique_de_Lanciano. ↩︎
    2. En effet, comme le précise Serafini, « la rigidité cadavérique commence entre 1 à 3 heures après la mort et se termine 36 à 48 heures plus tard » (op. cit., p. 41). ↩︎
    3. Beaucoup de sites Internet et livres catholiques fervents indiquent que l’OMS aurait étudié l’hostie de Lanciano dans les années qui suivirent les travaux de Linoli. Or, il s’agit là d’une fausse information, réfutée par Franco Serafini (op. cit., p. 28-29) : l’auteur s’est rendu en Italie pour consulter le rapport qui, en réalité, concernait des momies égyptiennes ! ↩︎
    4. Voir le site https://reasontobelieve.com.au/the-eucharistic-miracles-of-the-world-catalogue-of-the-vatican-international-exhibition-contains-some-untruths-about-the-1996-eucharistic-miracle-of-buenos-aires/. ↩︎
    5. Voir le documentaire « The Eucharistic Miracle of Buenos Aires. Host bleeds & becomes living Human Heart. By Ron Tesoriero », à 14 minutes : https://www.youtube.com/watch?v=bd16tBRbLXw&t=1147s. ↩︎
    6. Tiré du chapitre 15 du livre My Human Heart de Ron Tesoriero qui a lui-même filmé l’interview du Dr Zugibe) ↩︎
    7. Voir l’article (en anglais) ici : https://www.forensicscijournal.com/articles/jfsr-aid1068.php. ↩︎
    8. Repris du site Internet : http://christ-roi.net/index.php/Le_miracle_eucharistique_de_Lanciano. ↩︎
    9. https://www.weather.gov/safety/lightning-odds. ↩︎

    Publié

    dans

    par

    Étiquettes :